Présidentielles : quand les sondages se trompent

Présidentielles : quand les sondages se trompent

Un homme vote pour les départementales au Relecq-Kerhuon (Finistère), le 22 mars 2015.

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Orange avec AFP, publié le dimanche 16 avril 2017 à 14h32

ANALYSE - À une semaine du premier tour, les écarts se resserrent plus que jamais entre Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, selon les sondages. Mais faut-il les croire ?

Qui sera le prochain président de la République ? À une semaine du premier tour, qui se tiendra le 23 avril, l'incertitude est totale.

Selon la dernière vague "POP2017" BVA-Salesforce pour Orange et la presse régionale, publiée vendredi 14 avril, Emmanuel Macron (23%), Marine Le Pen (22%), Jean-Luc Mélenchon (20%) et François Fillon (20%) sont dans un mouchoir de poche. Le candidat socialiste Benoît Hamon est loin derrière avec seulement 7,5%.



Si un second tour opposant le leader d'En Marche! à la présidente du Front national demeure encore l'hypothèse la plus probable, rien n'exclut une qualification du candidat Les Républicains ou de celui de la France insoumise. Les sondages ne prévoient en effet pas tout. La preuve avec les résultats de ces dernières années.

► 2017 : la surprise Hamon à la primaire de la gauche

Le duel s'annonçait plutôt entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg, avec un avantage pour l'ex-Premier ministre. Pourtant, longtemps considéré comme un outsider, Benoît Hamon devance Manuel Valls au 1er tour de la primaire PS (36% contre 31,5%) le 22 janvier dernier, laissant l'ancien ministre du Redressement productif sur le carreau. La semaine suivante, le député des Yvelines bat largement l'ancien chef du gouvernement (59% contre 41%) et devient le candidat socialiste à la présidentielle avec un programme résolument à gauche.

► 2016 : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ratent le pari de la primaire de la droite au profit de François Fillon

À quelques semaines près, le scénario de la primaire de la droite et du centre ressemble étrangement à celui de la primaire de la gauche. Dès le premier tour le 20 novembre, Nicolas Sarkozy, pourtant donné favori avec Alain Juppé, est éliminé au premier tour avec 21% des voix. À la surprise générale, son ancien Premier ministre François Fillon s'est largement imposé avec 44% des voix devant le maire de Bordeaux (28,6% des voix). Le 27 novembre, le député de Paris gagne le second tour avec plus de 66% des voix et un programme qu'il veut "radical", notamment dans le domaine économique.

► 2012 : Jean-Luc Mélenchon sur-évalué

Concernant les deux finalistes de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy et François Hollande, les sondeurs de l'époque ont vu juste une semaine avant le premier tour. Le candidat socialiste, donné à 28% selon les données utilisées par RTL.fr, a obtenu 28,63% des voix, et son rival, estimé à 26%, a recueilli 27,18% des suffrages. Marine Le Pen, de son côté réalise un score très proche des estimations, avec 17,90%, contre 16,5%. En revanche, Jean-Luc Mélenchon finit à 11,1% des suffrages alors qu'il était crédité de 13% d'intentions de vote, voire de 17% rappelle Europe 1.

► 2007 : Jean-Marie Le Pen en dessous des prédictions

À une semaine du premier tour, Nicolas Sarkozy se heurte à la barre des 30% d'intentions de vote, tout en étant en tête des sondages. Le 22 avril 2007, l'ex-ministre de l'Intérieur s'impose avec 31,18% des voix, loin devant Ségolène Royal et ses 25,87%, un score qui se situe dans la marge d'erreur. François Bayrou arrive troisième, comme attendu, avec 18,57% des suffrages. Qualifié à la surprise générale au deuxième tour de l'élection de 2002, Jean-Marie Le Pen n'a en revanche pas convaincu comme il l'espérait. Crédité entre 15 et 13% d'intentions de vote, il ne remporte que 10,44% des voix.

► 2002 : la surprise Jean-Marie Le Pen

En 2002, plusieurs sondages avaient noté la montée en puissance du Front national, mais pas son ampleur. Le soir du premier tour, le 21 avril, c'est donc stupéfaits que les Français découvrent que Jean-Marie Le Pen est qualifié au second tour face à Jacques Chirac, avec 16,8%, contre 13% d'intentions de vote. Attendu à 20% des voix, le président sortant RPR a remporté 19,88% des suffrages. La vrai surprise se trouve du côté de Lionel Jospin. Au vu des sondages, le socialiste pouvait espérer se qualifier au second tour avec 18% des voix. Il n'en remporte finalement que 16,18%.

► 1995 : Jacques Chirac surcôté

La présidentielle de 1995 "est de l'aveu de certains sondeurs, le plus gros raté des instituts, devant 2002", écrit Europe 1. Et pour cause : estimé à 26% d'intentions de vote (selon un sondage TNS-Sofres dont la radio a retrouvé la trace) à une semaine du premier tour, Jacques Chirac ne recueille que 20,84% des voix, derrière Lionel Jospin avec 23,3%. Néanmoins, avec l'élimination d'Édouard Balladur, le candidat RPR dissident arrivé troisième avec 18,58% des voix, l'ancien maire de Paris est tout de même élu président de la République (52,64% contre 47,36% pour Lionel Jospin).

 
88 commentaires - Présidentielles : quand les sondages se trompent
  • Les sondeurs, relayés par les médias, commencent donc à douter de l'efficacité de leurs tentatives de manipulation et préparent l'opinion à accepter une fois de plus leur plantage.
    Rappelons la formule de Churchill au sujet des statistiques, mais cela s'applique également aux sondages : "je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées"

  • Selon une étude du psychologue Solomon Asch en 1950 et plus récemment de psychologues de l’Université de Princeton :

    "Dès lors qu’on présente les résultats d’un sondage fictif allant dans le sens contraire de leur intention ou idée initiale... Les gens changent d’opinion dans 25 % des cas pour rallier l’avis majoritaire exprimé par le sondage."

  • Comme disait Mr Trump lorsque vous avez les médias contre vous ce n'est que bénéfique !! j'espère la même chose pour Mr Fillon

  • et ...relisez les scores de Le Pen ...2007 et 2012...le FN a t il un jours atteint les 20 % ?
    quand à " l'erreur " sur la primaire de droite , n'oubliez pas quand meme que , le discourt ...delationiste ...de Fillon sur les rapports avec la justice de ses adversaire a surement été un point decisif ...tout comme ses " affaires " et mensonges risquent de l'etre auhourd'hui .

  • je crois aux sondages comme je crois en Dieu ...... c'est dire ...

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