Paris : Victime d'une agression, Nathalie Kosciusko-Morizet passera la nuit à l'hôpital

Paris : Victime d'une agression, Nathalie Kosciusko-Morizet passera la nuit à l'hôpital

Nathalie Kosciusko-Morizet est restée inconsciente plusieurs minutes après avoir été agressée sur un marché parisien le 15 juin 2017.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 15 juin 2017 à 15h13

La candidate Les Républicains (LR) dans la 2e circonscription de la capitale distribuait des tracts jeudi matin sur un marché, place Maubert à Paris (Ve arrondissement), quand elle a été frappée par un passant qui a pris la fuite. "NKM" est restée inconsciente plusieurs minutes avant d'être transportée vers un hôpital.

Un photographe de l'AFP présent au moment des faits évoque une agression "violente". Des politiques de tous bords expriment leur solidarité à la candidate. Une enquête judiciaire est ouverte.





"Je n'avais jamais assisté à ça" dans une campagne électorale : Geoffroy Van der Hasselt, le photojournaliste qui couvrait jeudi le tractage de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris pour l'Agence France-Presse (AFP) décrit l'agression "violente" et "physique". L'ancienne ministre, en ballottage défavorable, distribuait des tracts sur le marché place Maubert, dans le Ve arrondissement, lorsqu'un homme d'une cinquantaine d'années les lui a pris pour les lui envoyer au visage, la traitant notamment de "bobo de merde", selon l'AFP.

"Ça arrive assez fréquemment que des passants, des militants s'en prennent à un candidat, de manière verbale, mais de manière aussi physique, aussi violente, moi, je n'avais jamais assisté à ça", rapporte le photographe pigiste. "Ça faisait environ une demi-heure que NKM tractait sur le marché Maubert, sur la place du même nom dans le Ve arrondissement et ça se passait très bien, elle discutait avec les passants, il n'y avait aucun souci apparent", décrit-il. "Je me tenais à une petite dizaine de mètres lorsque j'ai vu un passant, un homme d'une cinquantaine d'années qui manifestement avait l'air assez énervé."

"L'AGRESSEUR A BIEN VU QU'ELLE ÉTAIT À TERRE"

"Un moment donné, NKM a pris les tracts qu'elle avait en main et elle les a montrés au niveau de son visage (...) Lui les saisit, il prend les tracts de la main de NKM et fait un revers de la main avec les tracts vers le visage de Nathalie Kosciusko-Morizet", poursuit le photographe. "Elle, à ce moment-là, met sa main devant son visage pour se protéger et les tracts heurtant sa main de manière assez violente, elle reçoit sa propre main dans sa figure", explique le reporter.

"Suite à quoi, elle fait un pas ou deux en arrière et elle s'effondre. Et l'agresseur a bien vu qu'elle était tombée par terre, il y a une photo plus large où on voit très bien qu'il regarde vers NKM qui est par terre, et il s'en va sans courir, en marchant", raconte encore le photojournaliste.

SOUS SURVEILLANCE À L'HÔPITAL

"Une ou deux personnes de l'entourage de NKM vont poursuivre l'agresseur. (...) Ensuite, on se rend compte que Nathalie Kosciusko-Morizet ne se relève pas, ne se réveille pas. Elle reste par terre. Très rapidement, il y a des pompiers qui arrivent (...) ils viennent essayer de la secourir et elle va mettre une bonne dizaine de minutes avant de se relever", précise encore Geoffroy Van der Hasselt.

Se tenant la tête, NKM a ensuite été installée dans le camion des pompiers et conduite à l'hôpital Cochin pour des "examens médicaux approfondis". La candidate, "très choquée" selon ses proches, va passer la nuit en observation à l'hôpital. Elle souffrirait d'un traumatisme crânien bénin.

Après cette altercation, l'homme est parti en courant vers la bouche de métro la plus proche. "C'est votre faute si on a Hidalgo aujourd'hui comme maire" à Paris, lui avait-il lancé, lâchant également : "Retournez dans l'Essonne !", dont elle est députée sortante. Un bénévole de l'équipe de NKM, Jean-Baptiste Goulard, a poursuivi l'homme dans le métro. Il affirme avoir été frappé à son tour. L'agresseur a réussi à prendre la fuite. Son signalement a été donné à la police.

SON ADVERSAIRE MARCHEUR SUSPEND SA CAMPAGNE

Le Premier ministre Édouard Philippe a rendu visite à la candidate à l'hôpital Cochin, où elle a été conduite par les pompiers. "Tous mes vœux de rétablissement à mon amie Nathalie Kosciusko-Morizet. Je condamne cet acte d'une violence insupportable", a aussi écrit sur son compte Twitter le chef du gouvernement, issu de LR.

L'adversaire de NKM dans la 2e circonscription de Paris, Gilles Le Gendre (La République en Marche), a suspendu sa campagne électorale, a-t-il annoncé sur Twitter, condamnant "fermement" l'agression. "Je ne fais rien, j'ai stoppé les tractages. Elle est indisponible. Par équité, je me dois d'être indisponible", a expliqué le candidat à l'AFP. Il a envoyé un message à son adversaire pour lui "manifester sa sympathie et lui dire espérer qu'elle se rétablira très vite".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires", confiée au 3e district de police judiciaire de Paris. La directrice de campagne de l'ex-ministre a annoncé avoir déposé plainte.

MESSAGES DE SOUTIEN DES POLITIQUES

Les réactions politiques affluent de tous bords. "Je condamne avec la plus grande fermeté l'agression dont a été victime NKM. C'est un acte lâche et intolérable", a réagi la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, sur Twitter.

"La violence n'a pas sa place dans une campagne électorale. Ces comportements de plus en plus fréquents sont inadmissibles", a tweeté Marine Le Pen (FN). "Totale solidarité et voeux de rétablissement prompt pour NKM. À bas la violence en politique", a réagi Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) sur Twitter. Également sur le réseau social, le porte-parole du gouvernement, lui-même en campagne pour sa réélection, Christophe Castaner, a "condamné la violence bête et méchante et en appelle au respect de tous les candidats".

NKM a également reçu plusieurs messages de soutien de figures de son parti (Alain Juppé, Bernard Accoyer, Laurent Wauquiez), mais aussi de l'ancien Premier ministre et ministre de l'Intérieur Manuel Valls, lui aussi en campagne législative, dans l'Essonne, et du vice-président du FN et candidat en Moselle, Florian Philippot.

Avant cette distribution de tracts, l'ancienne candidate à la primaire de la droite était sur le plateau de CNews jeudi matin. "Moi je l'ouvre, voilà, je l'ouvre. C'est un problème, mais je pense que les gens qui n'ont rien à dire ou les gens qui ne disent rien mais n'en pensent pas moins ne servent à rien", avait-elle notamment déclaré.

 
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