La campagne Le Pen et ses accents identitaires séduisent la droite "hors les murs"

La campagne Le Pen et ses accents identitaires séduisent la droite

Marine Le Pen à Paris, le 6 mars 2017

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AFP, publié le mercredi 08 mars 2017 à 17h24

Elections: Marine Le Pen mène une campagne aux accents identitaires, insistant sur le "patrimoine immatériel" et la défense de la "civilisation"

Marine Le Pen mène une campagne aux accents identitaires, insistant sur le "patrimoine immatériel" et la défense de la "civilisation" française pour le grand plaisir d'une droite dite "hors les murs", incarnée par Philippe de Villiers ou Patrick Buisson.

C'était le 27 février, devant un Mont-Saint-Michel ensoleillé: la candidate du FN a salué "la grandeur de notre patrimoine (...) notre gastronomie, notre belle langue, nos règles de courtoisie, notre baguette de pain, notre petit café sur le zinc d'un bistrot, tout ce qui fait ce que nous sommes". Et cela se reproduit à chaque discours.

Désormais, même si elle tape toujours sur une Union européenne qui serait "totalitaire", Marine Le Pen adjoint systématiquement "l'identité" à "la souveraineté" comme réponse aux maux touchant la France.

Marine Le Pen, donnée qualifiée pour le second tour dans tous les sondages, insiste beaucoup sur le risque de la perte du patrimoine matériel et immatériel", constate le chercheur Jean-Yves Camus auprès de l'AFP.

"C'est nettement moins centré sur l'euro" que lors de la campagne de 2012, constate Nicolas Lebourg, chercheur à l'Observatoire des radicalités politiques.

Hésitant voire pessimiste avant la campagne, un soutien de Marion Maréchal-Le Pen ne tarit plus d'éloges sur le "très grand pragmatisme" de Marine Le Pen, qui va chercher les voix là où elles sont, "clairement à droite", et essaie de profiter de l'affaiblissement de François Fillon.

La nièce de Marine Le Pen, elle-même, joue le rôle d'appât pour l'électorat droitier face à "l'impasse" Fillon: elle fait le service après-vente du projet, "centré sur l'identité française". 

Car pour elle comme pour un certain nombre de frontistes, "la condition de la victoire de Marine Le Pen sera l'alliance du peuple de droite au sens large (...) avec une partie de la droite conservatrice, incarnée notamment par ce que l'on qualifie de droite +hors les murs+".

- 'Tout excès à droite se paiera' -

Et justement, de ce côté-là, le changement de ton de Mme Le Pen lui semble profitable. Nicolas Dupont-Aignan, Henri Guaino, candidats à la présidentielle, ou l'entrepreneur Charles Beigbeder, ne semblent certes pas prêts à franchir le Rubicon, du moins avant le premier tour. "Des trouillards", pour un frontiste.

Mais il se murmure que Philippe de Villiers, figure de cette droite éditoriale qui écoule nombre de livres sur l'identité perdue ou la menace que représenterait l'islam, verrait désormais Mme Le Pen d'un bon oeil. De là à officialiser un soutien en bonne et due forme avant le premier tour? "C'est faux", répond celui-ci à l'AFP, ajoutant n'avoir "rien à dire" sur la campagne de la patronne du FN.

D'autres voix de ce courant se rallient aussi au panache frontiste. Robert Ménard, le maire de Béziers contempteur régulier du FN, n'hésite plus: "la droite sincère doit se retrouver derrière" Marine Le Pen.

Le petit parti Siel, ex-groupuscule frontiste qui a pris son indépendance récemment, s'est lui aussi "satisfait" de "la droitisation récente, au moins apparente, du discours", et appelle à soutenir la candidate.

La dirigeante d'extrême droite a elle tempéré ses critiques contre l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, qualifié en 2014 de "mercenaire avec des méthodes de barbouze" après l'affaire des enregistrements pirates, mais désormais considéré, selon des propos rapportés par Valeurs Actuelles, comme un membre de "cette grande famille de pensée enracinée et patriote".

Le FN a aussi fait "une petite inflexion pro-business", selon un dirigeant, dans les 144 engagements présidentiels dévoilés début février, dans lesquels est la sortie de l'euro --qui ne convainc guère hors du FN-- est devenue "rétablissement d'une monnaie nationale".

Enfin, le FN joue sur les apparences: Florian Philippot, "bras gauche" de Marine Le Pen honni dans la mouvance, est moins au premier plan. 

A droite toute, donc? Mme Le Pen préfère elle vanter "la force des équilibres" de son projet à jour. Pour Nicolas Lebourg, le balancier est risqué: "Elle a bien raison pour être première au premier tour, mais tout excès à droite se paiera sur le second tour."

"Il ne faut pas non plus magnifier l'impact" de la droite "hors les murs", renchérit M. Camus.

 
35 commentaires - La campagne Le Pen et ses accents identitaires séduisent la droite "hors les murs"
  • je suis de droite pour nous hier cela a été la défaite, si bien que je ne voulais pas aller voter au second tour, car je ne me reconnais pas dans les candidats, mais si je dois aller faire mon devoir patriotique, je vais voter Le pen, car macron est un pantin mis en place par hollande et la grande sphère des banquiers et gros industriels, nous allons manger chaud car ce fantoche n'a pas de programme, et ces phrases du genre ce n'est pas le petit peuple de paris qui va me donner des leçons super pour un futur président il va battre Trump

    2 défaites en 15 jours, vous ne craignez pas pour votre ego, vous !
    Mais remarquez, vous semblez appartenir à l'extrême droite française, alors, depuis la dernière guerre, les défaites se sont accumulées, c'est une habitude chez vous.

    les "patriotes" amis de Jean Marie Le Pen, ils étaient où et de quel côté en 1940 ?

    très très peu ont aidé à libérer la France du joug nazi !

    heureusement, le 1er mai va bientôt arriver et permettra de ressortir Jehanne ! Histoire de faire oublier ce passé récent très discutable !!!

  • Oui c'est elle qu'il faut, mais tout le monde se laisse influencer par tout les autres qui veulent lui faire barrage, les gens sont naifs et une fois de plus on va se faire avoir, on va repartir dans ce monde de la magouille des riches, car macron marche avec eux, tous les gros requins du fric sont avec lui, quand on voit cette comédie du défilé qu'il à fait hier soir comme s'il était déja président,pour aller bouffer à notre santé avec l'entourage de la classe financière, et bien on est mal barré, on va en reprendre pour 5 ans, j'espère me tromper, mais en tout cas ,moi je ne changerais pas d'avis!

    Parce que vous, vous ne vous laissez pas influencer par les discours populiste de MLP, discours xénophobes, prônant la haine des autres, mais totalement creux et aberrants dès qu'elle parle d'économie, de social, d'écologie ou de société.

    Car les le Pen sont des pauvres ?
    Après avoir détourné l'héritage Lambert ?

  • Moins de bla bla et plus de résultats ! Me Lepen est à la limite de ses possibilités à convaincre.Qu'elle revoie sa copie sur le FOND et non sur la forme!.

  • Mélenchon incite ses électeurs à ne pas voter Macron. Nombreux seront ceux du LPR à voter blanc. Le 7 mai, on risque d’avoir le FN au pouvoir. Et cherchez qui l’aura voulu.

    Le peuple. Un vieux mot passe-partout !

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