Gouvernement : pourquoi Hulot a dit "oui" à Macron

Gouvernement : pourquoi Hulot a dit

Nicolas Hulot le 19 octobre 2012.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 18 mai 2017 à 10h58

Les négociations entre le nouveau président de la République et l'ancien animateur d'Ushuaïa ont été âpres pour que ce dernier rejoigne le gouvernement.

Après avoir dit non à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Nicolas Hulot s'est finalement jeté dans le bain avec Emmanuel Macron.

L'écologiste a été nommé mercredi 17 mai ministre d'État de la Transition écologique du gouvernement d'Édouard Philippe. Une belle prise politique qui a nécessité des mois de tractations, rapportent jeudi Le Parisien et Europe 1.

Au départ ça n'était pas gagné, l'écologie n'étant pas l'un des points phares du programme du candidat d'En Marche!. Le ralliement en février dernier d'un des fidèles de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin, ex-porte-parole de la Fondation Hulot, au ministre de l'Économie a néanmoins "contribué a faire évoluer son regard sur le futur président", explique le quotidien. Pour autant, à l'époque il refuse de se ranger derrière lui, même s'il "observe qu'Emmanuel Macron égrène de jour en jour un certain nombre de mesures" en faveur de l'environnement. Une fois élu, le nouveau chef de l'État est "revenu tranquillement à la charge", raconte au journal l'eurodéputé EELV Pascal Durand. Et a réussi à le convaincre, contrairement à ses prédécesseurs.

UN "NI À DROITE NI À GAUCHE" CONVAINCANT

Le contexte s'y prête plus que les dernières fois. "S'il a dit oui cette fois, c'est peut-être parce qu'il n'a pas eu à choisir entre la droite et la gauche en s'engageant aujourd'hui", a décrypté pour l'AFP Pascal Canfin, directeur général de WWF France, qui échange aussi bien avec Emmanuel Macron qu'avec Nicolas Hulot. "Ce qui fait la différence, c'est qu'il arrive au début d'un quinquennat, relève-t-il également dans les colonnes du Parisien. C'est une nouvelle page qui s'ouvre."

Cette nouvelle fonction de ministre s'inscrit également dans une suite logique. "Il a essayé beaucoup de choses : le pacte écologique, parler à l'oreille des présidents, se présenter lui-même... La dernière carte, c'était de rentrer dans un gouvernement", explique Pascal Canfin au quotidien. "Il a pris du coffre en prenant le rôle d'ambassadeur de la COP21, raconte un proche au journal. Il se sent désormais en capacité d'assumer ce genre de responsabilités."

D'ÂPRES NÉGOCIATIONS

Il s'est par ailleurs "assuré d'avoir les moyens de ses ambitions" face à un Premier ministre pas connu pour avoir la fibre écologique, révèle Le Parisien. "S'il a arrêté sa décision ce week-end, les discussions sur 'les conditions politiques' de son entrée au gouvernement ont duré jusqu'à mercredi midi", écrit le quotidien. "Les négociations ont été âpres", avance de son côté Europe 1. Il a notamment choisi sa directrice de cabinet, l'ex-présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Michèle Pappalardo, et obtenu de pouvoir travailler avec Élisabeth Borne, haut fonctionnaire proche de Ségolène Royal, nommée mercredi ministre déléguée aux Transports, selon le journal.

L'un des points de discorde entre le président et le désormais numéro 3 du gouvernement concerne Notre-Dame-des-Landes. L'ex-envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète y est opposé, alors que le chef de l'État est pour. Mais ce dernier "aurait ainsi fait pression sur Nicolas Hulot, arguant qu'il pouvait toujours s'arc-bouter sur une position de principe mais qu'il pouvait aussi entrer au gouvernement et agir sur des dizaines de sujets dans le respect de la discipline gouvernementale", révèle la radio.

Le ministre de la Transition écologique semble déjà avoir du pouvoir : le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé jeudi 18 mai la nomination d'un médiateur dans le dossier du projet d'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, avant une décision "claire" et "assumée".

 
271 commentaires - Gouvernement : pourquoi Hulot a dit "oui" à Macron
  • Il ne servira qu'a drainer le vote ecolo dans le bon sens pour les législatives , après au revoir Mister Hulot

  • il ne pouvait pas dire non, la proposition doit avoir été construite dans ce sens la ,comme bon nombre ,l'intérêt passe avant et la retraite mirobolante offerte ne se refuse pas

  • Juste pour avoir, avec ce mandat,... une meilleure retraite !!! !

  • Nucléaire, diesel, Notre dame des Landes , autant de sujets de discorde avec Macron.; Bientôt on ne parlera plus que des vacances de Monsieur Hulot.

  • Parce que le challenge est de taille, Hulot pense qu'une nouvelle donne politique et surtout la façon de la faire est bien là, l'esprit de Macron lui correspond mieux, c'est sans doute la dernière fois qu'il peut relever ce challenge il ne faut pas louper le train qui ne repassera pas, et la soupe ne doit pas être si mauvaise. Bonne chance Monsieur hulot, et surtout bon courage.

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