Assistants parlementaires européens : un nouveau témoignage accablant pour le MoDem

Assistants parlementaires européens : un nouveau témoignage accablant pour le MoDem

Le député européen Jean-Luc Bennahmias affirme avoir été "en règle avec l'Europe" (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 08 juin 2017 à 17h05

Selon les informations du Parisien, un ancien employé du MoDem affirme qu'il a bénéficié d'un emploi fictif d'assistant parlementaire alors qu'il travaillait au siège du parti.


Un ancien salarié du MoDem, qui travaillait dans les années 2010 au siège parisien du parti a fait un signalement mercredi à la justice, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte à Paris sur les assistants d'une vingtaine d'eurodéputés français. Il affirme avoir été rémunéré en partie par des fonds européens alors qu'il avait été recruté en CDI pour des fonctions internes au mouvement.

Dès le lendemain de la signature de son contrat, le parti lui présente ainsi un avenant.

Le salarié devient alors "collaborateur" à temps partiel de Jean-Luc Bennahmias. Il est rémunéré en partie par la formation politique, et pour l'autre partie par les fonds du Parlement à Bruxelles.

JEAN-LUC BENNAHMIAS NE SE SOUVIENT "PLUS BIEN"

Pendant un an, l'ancien collaborateur aurait ainsi été rémunéré partiellement sur l'enveloppe d'assistants parlementaires locaux de l'ancien eurodéputé du Sud-Est Jean-Luc Bennahmias. Or, il soutient qu'il n'a jamais travaillé pour le compte du député européen.

Chaque mois, deux fiches de paie, l'une portant l'en-tête UDF (l'ancien nom du MoDem), l'autre celui d'une association de financement, présidée par Jean-Luc Bennahmias, lui étaient adressées. Selon des documents consultés par Le Point, la part de ses revenus issus de Bruxelles, via cette fameuse association, a progressivement augmenté, jusqu'à atteindre les trois quarts de son salaire pendant sept mois.

Contacté par France Inter, Jean-Luc Bennahmias explique "ne plus bien se souvenir de sa mission". "Il devait gérer ma communication lorsque je montais à Paris", raconte l'élu de la circonscription Sud-Est, où son ancien "assistant" explique ne jamais avoir travaillé.

UN SYSTÈME CONNU

Plusieurs eurodéputés centristes et collaborateurs ont confirmé au Point l'existence d'un tel système. Corinne Lepage a d'ailleurs publié un livre dans lequel elle dénonce ces pratiques.

"Lorsque j'ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu'un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J'ai refusé, en indiquant que cela me paraissait d'une part contraire aux règles européennes, et d'autre part illégal. [...] Mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée... par l'enveloppe d'assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens", dénonce ainsi l'ancienne députée européenne.

 
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